12 août 2006
La vallée des tulipes (le 12 août 2006)

-Troisième partie-
Cette lettre disait : « Après un si long voyage dans l’obscurité et le noir de la nuit, le soleil se lève à l’horizon, passant du vermillon à sa belle couleur jaune, pour exprimer sa joie avec ses rayons d’aurore et ses mélodies composées de chant d’oiseaux et de gargouillement d’eau. Ainsi se lève ma plume vêtue de poussière à son tour pour dévoiler ce que mon cœur lui dicte et ce que mes lèvres lui murmurent, tout ce bonheur et toute cette joie d’avoir pu écrire, et tout ce malheur et toute cette tristesse à la fois, car les mots ne peuvent que prononcer des sentiments semblables à ceux du cœur.
Chère inconnue, je t’écris cette lettre, modeste comme elle est et si désespérée, et quand les ruisseaux se rassembleront pour verser leur esprit dans la mer, quand les feuilles jaunies tomberont de leurs arbres pour couvrir le passage des chariots, quand les oiseaux s’envoleront pour fuir l’hiver, alors l’automne lèvera son drapeau, et cette lettre arrivera à sa destination, quand les harpes se mettront à jouer leur musique divine, quand les cloches briseront le silences des églises, et quand la brise fraîche et douce, amante du zéphyr, soufflera du nord, les enfants s’arrêteront de pleurer et tu liras, tu comprendras que cette lettre a traversé tant de distance, des terres, des mers et des déserts seulement pour te faire entendre quelques battements de mon cœur, et qu’ici, si loin dans mon royaume perdu, ici, si triste dans ma forteresse de solitude, je pense toujours à toi, je ne rêve que de toi, coincé entre quatre murs sur lesquels je ne vois que toi, que ton image, ton sourire orné de fossettes, si innocent et si joyeux, tes yeux si profonds, tes traits de visage, de vérité, pleins de secrets comme la forêt la plus sombre, celle où je suis l’unique monstre, une ombre légère, un loup solitaire.
22:38 Publié dans Littérature et poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









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