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20 août 2007
La reine de jade

Photo : The cat
Je savais la vie des corneilles,
Le voyage des merles blancs
Du lever au coucher du soleil.
La vie des pèlerins ambulants
Les aïeux des sept merveilles,
Et les artistes, et les artisans.
J’ignorais les odes des anges,
Leur fraicheur et leur volupté
Les royaumes des mésanges
Aux longues ailes argentées,
Les nymphes et leurs songes
Dont tu es la reine, la Psyché
Je sais l’odeur de tes cheveux
Aussi longs que le Nil, la Loire
Où naviguent les prétentieux,
Les piètres maîtres du savoir.
Ton beau sourire miraculeux,
Et ton regard, une lune noire.
Je sais le matin, j’ignore le soir
Sans ignorance, reine des ires,
Il n'y aura ni naissance ni savoir.
Je suis le savant de mes désirs.
Ô, je sais tes dunes en ivoire,
Où ta chevelure vient mourir.
Je sais les petites empreintes
De tes pieds nus sur la grève,
Leur chaîne étincelante tinte,
Resplendit leur ardente sève,
A l’odeur rose des jacinthes,
Et à la beauté blanche d’Ève.
Tu sais, au bout de tes mains,
Innocentes douceurs fragiles
Naissent des doigts si câlins,
Kaolin est leur âme, et argile
Est leur tendre corps de satin.
Reine de jade, mon seul asile.
Hugo dessine, en murmurant,
Le doigt d’une belle créature,
Ainsi dit-il dans ses chansons :
« La grâce n’est qu’un sourire
La beauté n’est qu’un rayon ».
Et nos cœurs sont les martyres.
A lire : Le doigt de la femme de Victor Hugo
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06 août 2007
La quête du bonheur

Photo : Ponstechnology
Elle embrassait les matinées ensoleillées
Baylassane était l’amante des deux monts
Elle les défiait et elle était toute émerveillée
Elle caressait presque la tête de Napoléon
Elle pérégrinait chez l’orpheline méprisée
Elle écoutait le vent et le chant des cigales
Et l’écho de sa délicieuse voix rebondissait
Dans l'éther bleu. Elle récitait son madrigal
Sous les pénombres des horizons éternels
Somnolait une cabane de pierres limpides
Un royaume d’abeilles dont l’odeur du miel
Ensorcelait l’âme des voyageurs candides
Elle marchait sur la rivière, sous les terres
Les grenouilles attendaient leur princesse
Elle dormait sous le figuier, sur les lisières
Une nature dont elle était l’enchanteresse
Quant aux palmiers, tout hauts et si fiers
Racontaient aux marguerites éphémères
La vie d’une enfant en quête du bonheur
Baylassane nageait dans mes rêves verts.
Musique d'accompagnement : Hamid Baroudi (extrait de Hakmet Leqdar)

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